Véhicule électrique branché à une borne de recharge murale dans un garage résidentiel français
Publié le 16 février 2026

Dimanche soir, 19h30, parking du supermarché. La seule borne disponible affiche « hors service ». La suivante est à 12 kilomètres. Et demain matin, réunion à 8h. Ce scénario, je l’entends chaque semaine depuis que je couvre le marché de la mobilité électrique. La solution existe pourtant : brancher chez vous, pendant que vous dormez, sans dépendre de personne.

L’essentiel sur la borne à domicile en 30 secondes

  • 80 % des recharges de véhicules électriques se font à domicile
  • Coût au kWh divisé par trois par rapport aux bornes publiques
  • Temps de charge réduit de 20 heures à 7 heures avec une borne 7 kW
  • Aides pouvant couvrir jusqu’à 50 % de l’installation

Fini la dépendance aux bornes publiques : ce que ça change vraiment

J’ai accompagné Marc, propriétaire d’un pavillon à Nantes, pendant son projet d’installation. Sa première question : « Pourquoi je m’embêterais alors qu’il y a des bornes partout ? » Trois mois plus tard, après avoir galéré deux fois avec des bornes en panne au moment de partir en week-end, il m’a rappelée. « J’aurais dû t’écouter dès le début. »

80%

des recharges de véhicules électriques effectuées à domicile

Ce chiffre, selon les données 2024 de l’Avere, ne sort pas de nulle part. La réalité du terrain est simple : une borne à domicile, c’est la fin du stress. Vous branchez le soir en rentrant, vous débranchez le matin avec une batterie pleine. Pas de détour, pas de file d’attente, pas de mauvaise surprise.

Le suivi de charge en temps réel depuis votre canapé



L’erreur que je vois le plus souvent ? Penser qu’une prise domestique classique suffit. Soyons clairs : avec une prise standard de 2,3 kW, comptez entre 20 et 25 heures pour recharger une batterie de 50 kWh, d’après le comparatif HESS Automobile. Avec une borne de recharge 7 kW, ce temps tombe à 7 heures environ. La nuit y suffit largement.

Et pour être honnête avec vous : si vous roulez moins de 30 kilomètres par jour et que vous n’êtes pas pressé, une prise renforcée peut dépanner. Mais dès que votre quotidien s’accélère ou que vous prévoyez de longs trajets, la borne devient vite indispensable.

Combien ça coûte vraiment (et ce que vous pouvez récupérer)

Le prix, c’est souvent ce qui freine. Je ne vais pas vous mentir : une installation complète représente un budget. Mais les chiffres méritent d’être posés clairement avant de tirer des conclusions.

Prise classique vs renforcée vs borne : le match en 5 critères
Solution Coût installation Temps charge (batterie 50 kWh) Certification requise Éligible aides
Prise domestique 0 € 20-25 heures Non Non
Prise renforcée 3,7 kW 300-500 € 12-14 heures Non Non
Borne 7 kW (wallbox) 1 200-1 800 € 6-8 heures Oui (IRVE) Oui
Borne 11 kW 1 500-2 200 € 4-5 heures Oui (IRVE) Oui

Là où ça devient intéressant, c’est sur le coût d’usage. Selon l’étude comparative ENGIE 2025, recharger à domicile revient à environ 0,17 €/kWh contre 0,55 €/kWh sur une borne publique. Pour 2 000 kWh consommés par an, l’économie atteint 760 €. Votre borne s’amortit donc en deux ans, parfois moins.

Bon à savoir : Aux termes du programme Advenir, la prime couvre jusqu’à 50 % du montant hors taxe, plafonnée à 600 € pour les particuliers en résidentiel collectif. À cela s’ajoute le crédit d’impôt de 500 € pour les installations en résidence principale. Pour découvrir l’ensemble des aides financières pour vos travaux énergétiques, plusieurs dispositifs sont cumulables.

Je recommande toujours de prévoir une borne 7 kW minimum. La 3,7 kW vous frustrera rapidement si vous changez de véhicule ou si vos habitudes évoluent. C’est un investissement sur dix ans, autant voir large.

Votre maison est-elle prête ? Ce qu’il faut vérifier avant

La vérification du tableau électrique est une étape clé avant toute installation



Sur les chantiers que j’ai suivis, l’erreur la plus fréquente consiste à commander la borne avant de vérifier la puissance du compteur. Marc, à Nantes, en a fait les frais : son pavillon des années 70 était équipé d’un compteur monophasé 6 kVA. Insuffisant pour une borne 7 kW. Résultat : trois semaines d’attente pour qu’Enedis passe son installation en 9 kVA, et un surcoût imprévu pour le passage en triphasé.

8 points à vérifier avant d’appeler un installateur


  • Relever la puissance actuelle de votre compteur (visible sur Linky ou facture)

  • Vérifier si votre installation est en monophasé ou triphasé

  • Mesurer la distance entre le tableau électrique et l’emplacement prévu pour la borne

  • Contrôler l’état du tableau (disjoncteurs récents, place disponible)

  • Identifier si le garage dispose d’une arrivée électrique dédiée

  • Vérifier votre éligibilité aux aides (résidence principale, installateur certifié)

  • En copropriété : préparer la demande de droit à la prise

  • Lister vos questions pour le premier rendez-vous installateur

Pour toute installation supérieure à 3,7 kW, seul un électricien certifié IRVE peut intervenir légalement. C’est une garantie de conformité et une condition pour bénéficier des aides. Si vous cherchez plus d’informations sur les installateurs qualifiés dans votre région, plusieurs annuaires officiels référencent les professionnels agréés.

Cas concret : la famille Durand à Lyon

J’ai conseillé cette famille installée dans une copropriété de 1985 avec parking souterrain. Le syndic traînait des pieds, l’AG a été reportée deux fois. Ils ont dû invoquer le droit à la prise prévu par la loi. Quatre mois de procédure. L’installation a finalement abouti, mais pas à l’emplacement souhaité : le syndic a imposé un autre box. Leçon retenue : en copropriété, anticipez 2 à 6 mois de démarches administratives.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif. L’installation d’une borne de recharge doit être réalisée par un électricien certifié IRVE pour garantir conformité et sécurité.

Vos questions sur la borne de recharge à domicile

Puis-je installer une borne si je suis locataire ?

Oui, le droit à la prise s’applique aussi aux locataires. Vous devez informer votre propriétaire par lettre recommandée. Il dispose de trois mois pour s’opposer, uniquement pour motif légitime et sérieux. L’installation reste à vos frais, mais vous pouvez bénéficier des aides.

Faut-il changer de compteur pour installer une borne ?

Pas forcément. Si votre compteur Linky est déjà en 9 kVA ou plus, une borne 7 kW passe généralement sans modification. En revanche, un compteur 6 kVA nécessitera une augmentation de puissance auprès d’Enedis, ce qui prend 1 à 3 semaines selon les régions.

La borne consomme-t-elle de l’électricité quand la voiture n’est pas branchée ?

Très peu. La consommation en veille tourne autour de 2 à 5 watts, soit quelques euros par an. C’est négligeable comparé aux économies réalisées sur le coût de la recharge elle-même.

Combien de temps dure l’installation ?

En maison individuelle avec tableau électrique accessible, comptez une demi-journée à une journée de travaux. Les délais s’allongent si un passage de câble complexe est nécessaire ou si la puissance compteur doit être augmentée.

Puis-je coupler ma borne avec des panneaux solaires ?

Absolument. C’est même une combinaison de plus en plus répandue. Recharger en journée avec votre production solaire réduit encore le coût au kilomètre. Pour approfondir les avantages des panneaux solaires, l’autoconsommation avec borne représente un cas d’usage particulièrement rentable.

Et maintenant ?

Ce que mes clients me disent après six mois d’utilisation tient souvent en une phrase : « Je ne sais plus comment je faisais avant. » La tranquillité de brancher le soir et de partir le matin, batterie pleine, sans se poser de question. Ça change vraiment le quotidien.

Votre plan d’action cette semaine


  • Vérifier la puissance de votre compteur sur votre espace Enedis ou votre facture

  • Mesurer la distance tableau électrique – emplacement borne prévu

  • Demander deux à trois devis auprès d’installateurs certifiés IRVE

La question à vous poser maintenant : qu’est-ce qui vous freine encore ? Si c’est le budget, les aides existent. Si c’est la technique, un bon installateur lève les doutes en une visite. Le plus dur, c’est souvent de passer le premier coup de fil.

Rédigé par Amandine Leroux, rédactrice spécialisée en mobilité durable et transition énergétique depuis 2019. Elle a couvert l'évolution du marché des véhicules électriques en France et accompagné plusieurs projets éditoriaux pour des acteurs de la filière IRVE. Son approche privilégie les retours terrain et les conseils pratiques pour aider les particuliers à s'équiper en toute sérénité.