Personne consultant son livret d'épargne et ses relevés bancaires à domicile
Publié le 9 septembre 2026

Chaque mois, des millions d’épargnants consultent le solde de leur Livret A en se posant la même question : ce montant est-il « normal » ? Entre les conseils contradictoires entendus çà et là et les chiffres spectaculaires relayés dans les médias, il est difficile de savoir si l’on est en avance, en retard, ou exactement là où l’on devrait être.

La réponse chiffrée existe, publiée chaque année par la Banque de France. Mais ce chiffre unique cache une réalité bien plus nuancée : il agrège des situations très hétérogènes, de l’étudiant qui vient d’ouvrir son livret au retraité qui a capitalisé pendant quarante ans. Comprendre ce que recouvre réellement ce montant moyen — et pourquoi il ne correspond probablement pas à ce que détient la majorité des Français — permet d’évaluer sereinement sa propre situation, sans culpabilité ni comparaison stérile.

Réponse directe : selon le rapport de la Banque de France sur l’épargne réglementée, l’encours moyen du Livret A s’établissait à 7 554 euros en 2025, contre 7 482 euros en 2024. Ce montant moyen masque toutefois de fortes disparités : la majorité des détenteurs se situe nettement en dessous de cette moyenne, tirée vers le haut par une minorité de gros épargnants.

À garder en tête :

Cet article fournit une information générale fondée sur des données statistiques officielles. Il ne constitue pas un conseil financier personnalisé : le montant pertinent à détenir dépend de votre situation propre (revenus, charges, stabilité professionnelle, projets). Pour des décisions importantes, l’avis d’un conseiller adapté à votre situation reste recommandé.

7 554 euros : le montant moyen détenu sur un Livret A en 2025

D’après les données de la Banque de France relayées par MoneyVox dans son analyse de l’encours moyen du Livret A en 2025, l’encours moyen par livret progresse année après année : il atteint 7 554 euros en 2025, contre 7 482 euros en 2024. Ces chiffres proviennent du rapport annuel de la Banque de France sur l’épargne réglementée, publié mi-juillet et portant sur les données de l’année écoulée.

58millions

Livrets A ouverts en France en 2025, pour un taux de détention de 83 % de la population (Banque de France).

Le Livret A reste ainsi le produit d’épargne le plus détenu des Français. Cette moyenne de 7 554 euros résulte d’un calcul simple : l’encours total de tous les Livrets A divisé par le nombre de livrets ouverts. C’est précisément cette méthode de calcul qui pose problème lorsqu’on cherche à se situer personnellement — nous y reviendrons.

L’évolution sur plusieurs années montre une progression régulière, portée à la fois par les versements des épargnants et par la capitalisation des intérêts :

Encours moyen du Livret A en France, 2022-2025 (source : Banque de France)
Année Encours moyen par livret
2022 6 351 €
2023 7 077 €
2024 7 482 €
2025 7 554 €

Cette hausse continue ne doit pas faire illusion : elle ne signifie pas que chaque épargnant a enrichi son livret au même rythme. Elle reflète aussi le vieillissement des encours existants et le poids croissant des livrets les mieux garnis.

Pourquoi l’écart entre montant moyen et montant médian est-il si important ?

La moyenne arithmétique additionne tous les encours et divise par le nombre de livrets. La médiane, elle, indique le montant qui partage les épargnants en deux groupes égaux : la moitié détient moins, l’autre moitié détient plus. Quand la répartition de l’épargne est très inégale — et c’est le cas du Livret A — ces deux indicateurs peuvent être très éloignés l’un de l’autre.

Le rapport officiel de la Banque de France sur l’épargne réglementée le documente clairement : les 20 % de détenteurs de Livret A avec les encours les plus élevés représentent 65 % du total des encours. Autrement dit, une minorité d’épargnants concentre l’essentiel de l’argent placé sur ce support, et tire mécaniquement la moyenne vers le haut.

Moyenne et médiane : un exemple concret. Imaginons dix épargnants : huit détiennent entre 500 € et 3 000 €, un détient 15 000 € et le dernier a atteint le plafond réglementaire. La moyenne de ce groupe s’établit autour de 5 000 €, alors que la médiane — le cinquième montant quand on les classe du plus petit au plus grand — tourne autour de 2 000 €. Sept épargnants sur dix sont donc bien en dessous de la moyenne de leur propre groupe. (Exemple illustratif, fondé sur la distribution constatée des encours.)

La Banque de France ne publie pas de médiane officielle du Livret A. Mais au vu de cette concentration, il est probable que la moitié des détenteurs se situent nettement en dessous des 7 554 € de moyenne. Si votre solde vous semble « faible » face au chiffre annoncé dans les médias, vous êtes donc très probablement dans la situation de la majorité des épargnants — et non dans une situation anormale.

Comment se répartissent les encours selon les profils d’épargnants ?

Comparer son épargne à une moyenne nationale tous âges confondus revient à comparer des situations qui n’ont rien en commun. L’âge, les revenus et même le lieu de résidence créent des écarts considérables entre les profils d’épargnants.

Les profils d’épargnants varient considérablement : les seniors détiennent souvent des montants supérieurs à la moyenne nationale.



Les données disponibles de la Banque de France montrent d’abord de fortes disparités géographiques : l’encours moyen départemental s’étend de 4 448 € en Seine-Saint-Denis à plus de 9 500 € dans certains départements du sud de la France et de Bretagne. Ces écarts reflètent notamment les différences de niveaux de vie et de coût de la vie entre territoires.

Concernant l’âge, l’enquête Patrimoine de l’Insee publiée en mai 2025 apporte un éclairage utile sur la détention de l’épargne : début 2024, 91,4 % des ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans détiennent au moins un livret défiscalisé (Livret A, LDDS ou équivalent). Le Livret A est donc bien le premier produit d’épargne des jeunes ménages, mais leurs encours sont logiquement plus faibles : ils sont en phase de constitution de leur épargne, alors que les seniors ont pu capitaliser sur plusieurs décennies. L’Insee souligne que ces différences traduisent à la fois des effets de cycle de vie et des effets générationnels.

Concrètement, cela signifie qu’un couple d’une trentaine d’années qui commence à constituer son épargne de précaution se compare utilement à des profils similaires, pas à la moyenne nationale. Un encours de quelques milliers d’euros à cet âge et avec ce parcours correspond à un schéma d’accumulation tout à fait courant.

L’analyse de la rédaction : croiser les données de la Banque de France (concentration des encours) et de l’Insee (effets d’âge et de génération) montre que la moyenne nationale de 7 554 € est davantage un indicateur macroéconomique qu’un repère individuel. Pour s’évaluer utilement, les repères de l’épargne de précaution — fondés sur ses propres dépenses — s’avèrent plus pertinents que toute comparaison à cette moyenne.

Quel montant viser sur son Livret A pour être serein ?

La question utile n’est donc pas « ai-je atteint la moyenne ? » mais « mon Livret A couvre-t-il le rôle qui lui est dévolu ? ». Ce rôle, pour la grande majorité des épargnants, est celui de l’épargne de précaution : un matelas disponible immédiatement en cas d’imprévu (perte d’emploi, dépense urgente, réparation). Le Livret A remplit parfaitement cette fonction : capital garanti, retrait à tout moment, intérêts exonérés d’impôt.

Le repère généralement avancé par les conseillers financiers consiste à détenir l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes — pas de salaire. La distinction compte : les dépenses courantes (loyer, courses, factures, transports, dépenses liées aux enfants) représentent en général une fraction du revenu. Raisonner en dépenses donne donc un objectif plus précis, et souvent plus atteignable, que raisonner en mois de salaire.

Cas pratique

Imaginons Sophie, 34 ans, salariée en CDI, mère d’un enfant et résidant en première couronne parisienne. Après avoir listé ses dépenses mensuelles incompressibles, elle les estime à environ 1 800 €. En appliquant le repère de 3 à 6 mois, son objectif d’épargne de précaution se situe entre 5 400 € et 10 800 €. Elle peut ajuster cette fourchette selon la stabilité de son emploi et l’existence d’autres sources de revenus dans son foyer.

Plusieurs facteurs permettent d’ajuster ce repère à votre situation :

  • La stabilité professionnelle : un CDI stable permet plutôt de viser le bas de la fourchette, une activité indépendante ou fluctuante le haut.
  • Les charges familiales : un ou deux revenus dans le foyer, présence d’enfants à charge.
  • Les autres épargnes liquides disponibles : un autre livret ou une épargne salariale mobilisable réduisent le besoin sur le seul Livret A.

Le Livret A reste accessible dans la quasi-totalité des établissements bancaires, notamment à la Caisse d’Épargne où il peut être ouvert et géré en agence comme en ligne. Pour les conditions détaillées du produit, vous pouvez consulter la page officielle du Livret A sur caisse-epargne.fr.

Votre méthode de calcul personnalisée : listez vos dépenses mensuelles incompressibles, additionnez-les, puis multipliez par 3 (situation stable) à 6 (situation moins prévisible). Le résultat constitue votre objectif d’épargne de précaution sur Livret A — un repère bien plus parlant que la moyenne nationale.

Et après ? Les options une fois son épargne de précaution constituée

Une fois ce matelas de sécurité en place, la question change de nature : faut-il continuer à alimenter son Livret A, ou orienter l’épargne vers d’autres supports ? Avec un taux fixé par l’État — à la hauteur de sa fonction de sécurité mais modeste face à l’inflation — le Livret A n’est pas conçu pour faire fructifier une épargne de long terme. La démarche généralement recommandée consiste à construire son épargne par étapes :

Construire son épargne étape par étape
  1. Sécuriser l’épargne de précaution

    Constituer 3 à 6 mois de dépenses courantes sur le Livret A (ou un livret équivalent défiscalisé), disponible immédiatement en cas d’imprévu.

  2. Préparer l’épargne projet à moyen terme

    Pour un projet à 5 ans ou plus ou une capitalisation longue, l’assurance vie offre un potentiel de rendement supérieur et une fiscalité avantageuse dans la durée, tout en restant relativement souple. C’est le placement favori des ménages : l’enquête de l’Insee montre ainsi que 50,8 % des personnes de 70 ans ou plus en détiennent une, contre 45,0 % des 60-69 ans — preuve de son ancrage dans les parcours d’épargne. Pour aller plus loin, notre analyse du placement des Français en assurance vie détaille ses atouts.

  3. Orienter l’épargne long terme selon ses objectifs

    PEL pour un projet immobilier, PEA pour un horizon long en actions, immobilier : chaque support répond à un objectif et à un horizon de placement spécifiques.

  4. Faire le point régulièrement

    La répartition idéale évolue avec la situation familiale et professionnelle ; un bilan périodique permet de réajuster sans précipitation.

À noter que la Caisse d’Épargne, comme la plupart des réseaux bancaires, permet de combiner Livret A et assurance vie au sein d’une même relation bancaire, ce qui simplifie le pilotage global de son épargne. Ce choix relève de préférence personnelle : l’essentiel est la cohérence d’ensemble de la stratégie, pas le nombre d’établissements.

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figcaption= »Une fois le plafond du Livret A atteint, un conseil personnalisé permet d’identifier les meilleures solutions de diversification. »
prompt= »Professional editorial banking photography with warm institutional aesthetic, capturing a French couple aged 35-45 seated across from a bank financial advisor during an authentic savings consultation meeting inside a contemporary French bank office, the couple is naturally engaged reviewing financial documents and savings strategy options

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Rédigé par Amandine Leroux, accompagne les lecteurs dans leurs décisions d'épargne et de gestion budgétaire à travers des analyses chiffrées et des comparatifs de solutions financières accessibles au grand public